SUR LA PROFESSION SUR LE PASSÉ, LE PRÉSENT, L’AVENIR.

ce que je pense

Quelques remarques en vrac, des faits, des idées, qui me viennent et que je livre sans retenue.

Nous serions donc à l’aube de la fin de la profession, ainsi la date du 18 avril serait la date de la lutte pour la survie de toute une profession. C’est ainsi que cela nous ai présenté par certains et ne pas être présent le 18 avril 2017 serait un signe de renoncement à la défense de la profession. libre à chacun de le penser, mais en matière de défense de la profession je conseille à chacun d’éviter de se positionner en donneur de leçons.

Dès le début de l’été 2006, déjà 11 ans, l’UNIC conscient que la profession devait évoluer et changer, a proposé un projet de réforme de la profession, projet qui était intitulé « auto-école autrement« . Immédiatement les conservateurs de tous poils, ils furent très nombreux, firent obstacle à ce projet novateur qui avait pour ambition de rénover les pratiques et d’apporter une évolution de carrière aux enseignants de la conduite. Ce projet avait pour ambition de lancer un débat, une réflexion commune sur notre avenir.

Peine perdue, les conservateurs ont tout stoppé, la profession s’est crue sauvée.

Dès les années 2008, lors de nos réunions, nous alertions sur le fait que notre profession était réglementée et que cela allait immanquablement finir par poser un problème en regard des politiques européennes sur la libre concurrence. Là encore nous n’étions pas entendus et notre discours passait inaperçu auprès des professionnels qui se sentaient protégés par les réglementations, barrières infranchissables et protectrices, en tout cas aux yeux du plus grand nombre.

Et pourtant, les dangers étaient déjà là, ils étaient visibles. Rien n’y faisait et là encore les conservateurs ont endormi la profession en leur faisant croire que l’Etat protecteur ne nous lâcherait pas et repousserait les tentatives de déréglementation.

Peine perdue ! Tel une mer rugissant tous ses chevaux sur des rochers, les lobbys médiatiques sont venus fracasser, leur discours sur le permis trop cher, contre nos réglementations, barrières bien fragiles en regard des enjeux économiques.

Je dis bien enjeux économiques, car c’est dans l’économie que se trouve la genèse de la situation actuelle.

Revenons un peu en arrière et ne nous cachons pas la vérité. Lorsque les professionnels se plaignaient d’un manque de places d’examens, avouons le, beaucoup d’entre eux y trouvaient leur compte car cela leur permettait de demander toujours plus de leçons de conduite et au fond cette pénurie les arrangeaient même s’ils s’en plaignaient. Ainsi ils pouvaient justifier leur demande de toujours plus de leçons.

Dès les années 2008 j’avais tenté, d’alerter sur le fait que l’avenir ne serait pas à toujours plus de leçons, mais à moins de leçons. Et ce malgré certaines hostilités internes à l’UNIC.

Une telle politique du « toujours plus » peut se concevoir dans une économie qui permet à tout un chacun d’avoir un pouvoir d’achat correct, les gens râlent mais peuvent encore payer, donc…

Mais la situation économique actuelle n’est pas très reluisante et les français voient leur pouvoir d’achat diminuer. Nous avons tous entendus parlé du « déclassement des classes moyennes », terme politiquement correct pour ne pas dire « l’appauvrissement des classes moyennes ». Appauvrissement cela fait peur, déclassement beaucoup moins, mais le résultat est le même.

Nous sommes tous, en tout cas nous sommes de plus en plus nombreux à faire de plus en plus attention à ce que nous dépensons, si nous avons encore quelque chose à dépenser. Dans un tel contexte il ne faut pas nous étonner que nos clients regardent de plus en plus les prix, le nombre de leçons et cherchent des moyens pour avoir un permis à moindre coût.

Il n’y a pas de raison objective pour que nous échappions à ce phénomène.

C’est bien pour pouvoir continuer à consommer que s’est créée l’économie collaborative et/ou solidaire. Certains d’entre nous ont, peut-être, utilisés des services tels que Air Be And Be, se sont-ils posés la questions du devenir des hôteliers ? certainement pas ils ont avant tout, et c’est légitime, pensé à leur capacité financière en regard de leur objectif de vacances.

Dans ce contexte économique difficile et qui n’offre actuellement pas de joyeuses perspectives d’avenir la situation de notre profession est particulièrement inquiétante. Inquiétante car nous n’avons pas de marge de manœuvre en regard de la rentabilité de nos structures. L’idéal serait d’augmenter les prix et de réduire les charges pour retrouver une rentabilité, mais augmenter les prix dans le contexte actuel reste une possibilité limitée.

Je le vois dans mon établissement qui est pourtant situé dans une région où la clientèle est plutôt aisée, mais depuis 20 ans les choses ont bien changées et je le vois tous les jours les gens ont moins de capacités financières.

De son côté l’Etat cherche aussi à réduire ses coûts, moins de fonctionnaires, moins de budget, donc un développement des services dématérialisés.

Bien sûr qu’il ne faut pas nous laisser faire, bien entendu qu’il faut lutter contre l’Ubérisation, mais la dématérialisation n’est pas l’Ubérisation, l’Ubérisation ce serait la perte du local et la légalisation des moniteurs indépendants. Bien évidemment qu’il serait préférable que la dématérialisation soit encadrée.

Mais alors pourquoi réagir si tardivement ?

Tout est dans le « Choc de simplification » :

Simplifier, fusionner et dématérialiser les formulaires du permis de conduire

La dématérialisation de l’ensemble des formulaires du permis de conduire permettra de remplir une seule fois tous les champs depuis chez soi ou un service public de proximité. Cela permettra de gagner du temps en évitant de compléter plusieurs copies et/ou formulaires et les déplacements à la préfecture.

Lors des congrès des syndicats et des groupements les représentants de l’Administration n’ont pas caché cette dématérialisation, moi même dans les différentes réunions que j’ai animés cette année j’en ai parlé et je ne me souviens pas avoir ressenti une crainte ou une hostilité de la part des nombreux collègues présents.

Peut-être n’avons nous pas pris la mesure de cette réforme et son impact sur nos activités. C’est possible.

Nous ne pouvons pas augmenter les tarifs sans risquer de perdre la clientèle, et pourtant une leçon de conduite devrait pouvoir être facturée au moins 70€ de l’heure. Nous en sommes à un point où les exploitants sont nombreux à ne plus pouvoir se sortir un revenu décent malgré qu’ils travaillent 200h par mois, voir plus.

Nous sommes coincés entre des charges qui augmentent régulièrement et le pouvoir d’achat de nos clients qui diminue ou qui n’augment pas. Certains cherchent, en baissant les prix, à attirer de nouveaux clients, lesquels paient d’avance, ainsi l’école de conduite vit avec l’encaissement d’avance, donc à crédit et sans aucune rentabilité, ce type de gestion est dangereux et finit souvent assez mal.

Alors que faire ? Je ne crois pas que la solution soit individuelle et conservatrice. La profession doit se réformer, c’est ça ou disparaître, la solution est collective.

13 000 auto-écoles en France, je pose la question : n’est-ce pas trop ? Ne devons-nous pas redescendre aux alentours de 6000 établissements ?

Cela ne signifie pas qu’il faut en laisser 7000 sur le bord de la route. Mais, dans mon esprit, il faut aller vers des regroupements comme d’autres professions l’ont fait, je pense aux cabinet médicaux avec les médecins.

Pourquoi ne pas créer des « maisons de l’éducation routière ». maisons dans lesquelles les enseignants regrouperaient et offriraient de nombreux services : permis B et Bea, permis AM et tous les permis motos, formation de moniteurs, CACES, etc. Ainsi en mutualisant les moyens et en multipliant les services ej suis certain que tous vivraient mieux tout en restant leur propre patron.

Pourquoi ne pas nous approprier les outils numériques ? Pourquoi ne pas lancer une plateforme Internet de mise en relation des élèves avec des écoles de conduite, une plateforme qui appartiendrait aux écoles de conduite actionnaires ?

N’est-ce pas là, dans le changement, que se situe notre vrai combat pour notre survie à tous ?

Voilà, je veux juste donner matière à réflexions et à débats car il y a urgence pour sauver cette profession. L’UNIC sera toujours dans la prospective, dans l’anticipation de l’avenir plutôt que dans un conservatisme rigide.

Très franchement si nous regardons un peu dans notre rétroviseur, nous nous apercevons que nous vivions mieux il y a quelques années, il nous faut donc changer pour revivre mieux.

Ensemble réinventons notre métier.

Et même si l’UNIC n’y sera pas, je souhaite la réussite la plus complète à ceux qui battrons la pavé mardi matin.

 

 

7 comments on “SUR LA PROFESSION SUR LE PASSÉ, LE PRÉSENT, L’AVENIR.

  1. Bonjour.
    En fait la dématérialisation ce n’est pas le problème. Le problème c’est ce que cela induit. L’élève s’inscrit en ligne, passe le code en ligne, passe par les opérateurs privés pour avoir une place de code et pour la conduite puisqu’il est dans une démarche autonome le candidat continuera à chercher des leçons de conduite en ligne et il trouvera des moniteurs indépendants et des plateformes de mise en relation qui propose des leçons de conduite à 35€. Bientot 35€ deviendra une référence de prix et vous savez qu’aucune auto école classique ne résistera. Le problème c’est que l’état a créé un marché pour les moniteurs indépendants qui vont pulluler et l’état devant un nombre exponentiel de moniteurs indépendants exerçant de manière illégale donc dangereuse pour leurs clients sera obligé de légaliser le statut. Vous le savez Macron a dit que c’était inévitable et avec l’élection qui semblerait le portera au pouvoir il est certain que durant sa mandature la légalisation se fera. Vous avez déclaré à plusieurs reprises que ce statut ne permettait pas de vivre décemment. Évidemment si on vit dans une région peu dense oui mais je vis dans une ville de plus de 100 000 habitants avec dans mon département environ 200 auto écoles et croyez moi si je devais acheter une voiture et donner des leçons je pourrais faire 151h par mois à 30€ de l’heure sans soucis. Il y a sur mon centre d’examen des moniteurs indépendants et des loueurs qui travaillent très régulièrement en toute illégalité. Dématérialisation+code en ligne+place code en ligne+délai de 2 mois max pour les candidats libres=un marché qui va faire exploser les moniteurs indépendants et les loueurs double commande. Passer de 13000 à 6000 est optimiste. Outre l’amplification de la désertification de nos centres villes il est certain qu’il restera beaucoup moins d’auto ecoles. Par contre il y aura Ornikar & comp ainsi que des milliers de moniteurs indépendants qui déclareront une partie de leurs revenus et qui finiront par être, à l’instar de Uber et des Vtc, des esclaves des plateformes de réservation et il y aura bien une auto école en ligne qui proposera la leçon à 29.90€ avec 20 ou 25% de commission. Grosse différence par rapport au vtc les moniteurs indépendants pourront proposer a leurs élèves de ne plus passer par les plateformes en ligne moyennant une réduction de 5 à 10€ par leçon. Plus il y aura de moniteurs indépendants moins ils gagneront d’argent et plus ils seront tenter de court-circuiter les plateformes et ils y perdront tous.

    • Bien sûr que c’est un ensemble, mais cet ensemble de changements n’a, à mon avis, qu’un seul objectif : rendre le permis moins cher. Pour moi le fond du problème c’est l’économie et le pouvoir d’achat des français. Face à cet appauvrissement des classes moyennes nos gouvernants ne trouvent pas d’autres solutions que d’appauvrir des professions. c’est une course vers l’abîme. le prétexte étant de redonner du pouvoir d’achat au peuple, quitte à liquider des professions. Ce que je veux dire c’est que nous ne devons pas sous estimer la portée du discours sur le permis trop cher et sur ses conséquences et c’est à cela que nous devons répondre, là est le défi que nous devons relever. D’où l’idée de regroupement et de diminution des points de ventes, l’avenir est collectif.

  2. Tout est décris dans ce que tu dis Philippe , l’inquiétude de Rachid est légitime la peur et les freins aux changements sont compréhensibles toutefois , tu mets bien en exergue que l’évolution de la société tant économique, mobilité et internet sont incontournables on ne peut y échapper. Les regroupements, les idées comme les maisons de l’éducation routière et d’autres permettront aux passionnés de notre métier de continuer….tout ce qui peut-être force de proposition doit donc être prise en compte. Pour la manifestation du 18 avril que celle ci soit un succès mais dans une semaine il y a le premier tour des élections présidentielles et je doute que les auto écoles dans la rue vont passionner les français mais, dès la nouvelle couleur politique il va falloir si la loi Macron va être applicable et appliquée et rester vigilant. La prochaine mesure pour libérer plus de places pour les auto écoles en ligne c’est l’ externalisation des examens permis poids lourds je pense qu à cet instant il y a plus urgent la qualité rendue au consommateur par la labelisation ou la certification permettra une démarche qualité plus favorable à nos futurs élèves cela démontrera j’en suis sur que la formation du conducteur est quelque chose de sérieux et ne peux être bradée donc à nous de nous regrouper et démontrer notre professionnalisme par des audits qui correspondent à un référentiel de qualité celle qui vise nos notre coeur de métier: la Sécurité Routière.

    • Pour ce qui est de l’inquiétude de Rachid elle est évidemment légitime et partagée par tous. Mais au delà de ce constat je pense que la réponse que doit apporter la profession à la crise actuelle et aux bouleversements qui sont loin d’être terminés c’est une réponse collective et une réponse en matière de qualité comme tu le dis. regroupement des écoles de conduite dans des « maisons de l’éducation routière » cela n’est pas incompatible avec le fait d’être à son compte, plateforme Internet collective, etc, avec pour objectif une réduction du coût du permis pour le consommateur et une rentabilité accrue pour les professionnels donc des revenus en augmentation. Dans cette optique le projet de CAMIOLO est pertinent car il répond aux besoins de moindre coût et d’amélioration de la rentabilité, sans perdre en qualité. Moins de leçons, des leçons payées plus cher et tout le monde y trouvera son compte. Enfin j’espère.

  3. Très bonne idée le coup des maisons de l’éducation routière mais attention sur un point, celui de la surface minimum pour obtenir l’agrément. 25 m2 pour un exploitant, 50 m2 pour un deuxième, etc.
    A moins de modifier la règle du jeu et c’est là qu’il y a danger ! Chercher à modifier les critères de recevabilité du local c’est à mon avis, ouvrir la boîte de Pandore !!!
    Ou alors, il y aura un seul agrément lié au local et plusieurs exploitants regroupés au sein d’une même structure (style SCP ou Sté en participation, etc.) . Mais du coup, chacun devra cotiser plein pot au RSI ( moins qu’il ne soit supprimé par le prochain président) et sera assimilable un travailleur indépendant, donc, allo Houston, on a un problème !!!
    J’ai eu personnellement le problème vers la fin des années 80, nous étions deux indépendants à travailler en SCP sur un seul local et avec un seul agrément… L’URSSAF nous avait alors menacé de requalifier le statut de l’un de nous deux en CDI avec arriérés de cotisation et autres joyeusetés et ce malgré nos cotisations à la MGCIA (le RSI de l’époque) ! Bref, la solution avait été de prendre un deuxième local dans une ville voisine et d’avoir chacun un agrément.
    Mais bon, c’est une piste à creuser même si c’est avec d’infimes précautions…
    Courage, Christophe.

    • Effectivement, mais n’oublions pas qu’il y a encore les législatives nous ne savons pas quelle majorité va en sortir, s’il y a une majorité.
      A suivre….

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