RENDEZ-VOUS PERMIS EN TERRE INCONNUE

RENDEZ-VOUS PERMIS

CE QUE J’EN PENSE

 

D’abord essayons de nous remémorer ce qui était arrivé avec la NMA.

La NMA avait été mise en expérimentation dans 7 départements. Dans ces 7 départements avait été mis en place des « comités de suivis », lesquels avaient pour mission de remonter au niveau national les difficultés et les éventuels dysfonctionnements. les compte-rendus étaient rédigés par l’administration locale et diffusés, sans qu’au préalable les représentants syndicaux n’aient validé ces compte-rendus. Il s’est avéré que toutes les remarques négatives étaient supprimées des compte-rendus, ainsi le niveau national avait une vision très positive de l’expérimentation.

Déjà il était évident que cette expérimentation n’en était pas une, il s’agissait plutôt d’une première mise en place destinée juste à valider ce qui avait était élaboré en théorie. Résultat la NMA a été généralisée malgré les procès initiés par l’UNPFA et l’UNIC, seuls syndicats à s’y opposer.

Souvenons-nous qu’à l’époque on nous promettait des coefficients de 2 voire 2,5, coefficients que nous n’avons jamais vu ou épisodiquement.

Avec RDV Permis, l’histoire se répète. l’expérimentation a été faite dans des départements où la tension sur les places d’examens n’est pas la plus forte, ceci afin d’avoir les meilleures conditions. Cette expérimentation ne pouvait pas échouer, il s’agissait juste de faire des ajustements.

Elle ne pouvait pas et ne devait pas échouer car elle est inscrite dans le rapport DUMAS, même si l’administration n’a pas été au bout de la proposition de Madame DUMAS.

Proposition n° 19 : désintermédier l’attribution des places de l’examen pratique en mettant en place un calendrier en ligne pour l’intégralité du territoire national, à l’instar de l’expérimentation en cours pour les candidats libres.

On voit là que le terme « désintermédier » n’est pas réalisé, sinon les places seraient mises en ligne sans passer par les écoles de conduite.

Je me souviens d’un entretien avec madame Michèle MERLI, alors déléguée interministériel à la sécurité routière, dans lequel elle m’avait dit que la meilleure solution serait la convocation nominative, le haut fonctionnaire qui était à ses côté, avait immédiatement répliqué en disant que cette solution n’est pas possible du fait du manque de production de places. L’administration sous couvert de nous défendre sait se cacher derrière nous lorsqu’il s’agit de faire face au public. Il est vrai qu’avec RDV permis l’administration va devoir assumer un peu plus et c’est un point positif.

Alors ne soyons pas dupes, si l’attribution des places n’a pas été désintermédiée, c’est uniquement par manque de capacité de production de l’administration. Même si la DSR pourra dire que c’est pour protéger les écoles de conduite, on est libre d’y croire ou pas.

Un hybride : Qui provient du croisement de variétés ou d’espèces différentes.

La plateforme « Rendez-vous permis » est un hybride entre la convocation nominative pure et dure et la gestion des places par les écoles de conduite. Comme toute solution de ce type elle ne sera satisfaisante pour personne. Ni pour le candidat, ni pour l’école de conduite.

Basée sur la mise en ligne des places à des heures précises et sur le « premier arrivé/premier servi »,  nous avons là deux conditions qui ne peuvent que compliquer la vie des écoles de conduite.

La mise en ligne à des heures fixes, lesquelles sont décidées par l’administration, oblige l’exploitant à se connecter immédiatement faute de ne pas avoir de places. Ainsi nous constatons que nos collègues ne peuvent plus organiser leur temps de travail et/ou de loisir comme ils l’entendent. Certains partent en vacances avec leur tablette, d’autres ne mangent plus aux heures de mise en ligne des places ou annulent la leçon qui était prévue. Une telle organisation coûte bien plus chère que PRINTEL, énormément plus coûteuse, d’autant plus que certaines écoles s’organisent en mettant des secrétaires face à plusieurs ordinateurs pour récupérer les places. Le soit disant gratuit va s’avérer coûter une fortune ! Et on veut un permis moins cher !

Le principe du « premier arrivé/premier servi », n’aurait jamais dû être accepté. D’autant plus que l’école de conduite doit réserver des places nominatives sans être certaine que son élève pourra l’honorer. C’est ubuesque !

Autre complication avec le seuil.

Le seuil remplace le droit et il est basé sur le nombre de moniteurs dans l’établissement. A priori cela est juste, en effet l’établissement recevra un minimum de places en fonction de ses capacités de formation. Oui mais voilà que le seuil est changeant selon la capacité de production des places du département et non de la capacité de formation de l’école de conduite. Un rapide calcul un peu simpliste je l’avoue, me fait dire qu’un moniteur qui travaille 35 heures peut former 6 élèves/mois s’ils font 25h de conduite. Et que nous dit l’administration ? Que le système fonctionne si le seuil est de 6 ! Cohérent, mais voilà le seuil n’est pas de 6, il est de 4 voire de 3 dans les Landes. Ne soyons pas dupes, les seuils de 6 ou plus sont des mirages comme l’ont été les coefficients de 2 pour la NMA.

Et voilà donc que les écoles de conduite perdent leur droit à places d’examens et voient leur nombre de places chuter de 50% ou plus en Gironde.

En Gironde le résultat est catastrophique ! L’administration répond que c’est un problème de production. C’est totalement exact, mais c’était aussi prévisible. La question qui se pose alors est la suivante : pourquoi avoir imaginer un tel système est l’avoir mis en place , en sachant que la production est trop faible ? Pourquoi ajouter des complications aux complications ?

L’administration répond, aussi, c’est ça ou vous aviez « candidlib », et après tout « candilib » était peut-être moins grave pour la profession.

Certains nous vendent cette plateforme et arguent que l’on remet, enfin, le candidat au centre. Faux, absolument faux. le candidat n’est pas au centre, il est sur la touche et il dépend de la capacité de son école à aller à la pêche aux places, en plus si la place que l’école lui prend ne lui convient pas, c’est l’école qui fera face au mécontentement.

Remettre le candidat au centre, ce serait lui laisser le loisir d’aller chercher sa place sans avoir besoin de l’école de conduite, mais là on en est loin. Et la profession ne le veut pas.

Je passe aussi sur la difficulté de regrouper les candidats sur un  même examen. Nous voyons aujourd’hui des écoles faire plus de 80 kilomètres pour un  élève, avec l’encadrement des frais à 1 heure de conduite il est aisé de comprendre la perte financière pour l’école de conduite. et on nous annonce un permis mins cher !

Que d’incohérences dans tout cela !

Je tiens aussi à préciser que, contrairement aux dires de collègues, les écoles dites en ligne n’y trouvent pas leur compte, que non, elles ne cannibalisent pas toutes les places et qu’elles sont elles aussi en difficulté. D’ailleurs il faut bien reconnaître que les « éclaireurs » ont bien travaillé sur ce point en obtenant des avancées qui bloquent la prédominance des écoles dites en ligne sur les places d’examens.

Il y aurait encore tant à dire sur ce nouveau système, mais j’en resterai là pour le moment.

En résumé : je pense que cette plateforme est mal ficelée, que les concepteurs ont cherché une solution hybride entre la convocation nominative et la protection des écoles de conduite. Que cela ne satisfera personne et que nous allons vers une catastrophe. Catastrophe économique pour les écoles de conduite, mais aussi catastrophe sociale car les conditions de travail et de vie, dans nos entreprises, vont se dégrader fortement.

 

PS : pour ceux qui ne l’ont toujours pas compris, ce blog n’engage que moi et certainement pas l’UNIC. Je l’ai toujours voulu, libre dans son écriture,  impertinent et provocateur n’en déplaise à certains. Vous y lisez ce que je pense, pas ce que dit l’UNIC.

 

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