IMPACT DE LA FORMATION SUR LES JEUNES CONDUCTEURS

impact

QUELLE INFLUENCE DE L’ENSEIGNANT SUR LE FUTUR CONDUCTEUR ?

 

Voilà une question essentielle que chacun doit se poser. Autrement dit quel est le rôle du formateur et quel est son influence sur le comportement futur du jeune conducteur ?

En plein débat sur le permis trop cher et sur l’approche purement consumériste des médias, dont l’influence sur le grand public et sur les politiques n’est pas à démontrer, cette question de l’influence et donc de l’importance de la formation me semble essentielle.

Une étude de la fondation Vinci Autoroutes nous apporte un éclairage pertinent sur le comportement des jeunes conducteurs et sur les influences qui s’exercent sur eux.

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Je pense que les enseignants de la conduite seront d’accord pour constater que dans un véhicule d’école de conduite il n’y a souvent pas deux personnes, l’élève et l’enseignant, mais aussi les parents et bien d’autres qui influencent l’apprentissage. depuis le plus jeune âge le jeune a enregistré les comportements des différentes personnes qu’il a vu conduire. Et ces personnes qui ne sont pas directement dans le véhicule école y sont présentent dans l’inconscient de l’apprenti.

Cette étude n’apporte pas de constats nouveaux, mais elle a l’intérêt de confirmer ce que les enseignants ont certainement compris depuis longtemps.

Je ne retiendrai que deux éléments de réflexions :

  1. 25% des jeunes estiment que l’école de conduite a eu le plus d’influence
  2. Près de 8 jeunes sur dix sont plutôt satisfaits de la façon dont ils conduisent

25% des jeunes influencés efficacement par leur école de conduite, c’est un beau résultat qui montre que les écoles de conduite sont efficaces. Sans doute insuffisant mais quand on pense que le jeune reste dans nos écoles de conduite entre 25 et 40 heures et qu’il est influencé par ses parents depuis 15 ans au moins, cela reste une belle réussite. Reste à savoir comment améliorer ce score car c’est là notre métier. Et c’est sur ce point là précisément que nous devons prouver notre importance et justifier notre mission sociétale.

Comment faire mieux ?

Il existe plusieurs possibilités avec l’AAC, la CS et leurs rendez-vous auxquels doivent venir les parents. Des moments qui permettent d’influencer les parents et de travailler sur les comportements. J’ai souvent entendu des parents me dire qu’après avoir fait la conduite accompagnée à leur enfant ils ont changé de conduite. Mais la conduite accompagnée semble avoir atteint un plafond et nous n’atteindrons jamais 80% de formation en AAC.

Le système de formation imaginé par Marc CAMIOLO peut être un autre moyen d’agir sur les parents. A mon avis, ce système a le triple avantage de : réduire le coût du permis, de redonner de la rentabilité à l’école de conduite et de sensibiliser les parents. Faut-il encore que la profession soit ouverte à un changement de paradigme qui frôle plus la révolution que la simple réforme. Mais, à mon sens, ce système ne doit pas être rejeté et il doit pouvoir constituer une nouvelle forme d’apprentissage collaboratif qui ne doit pas nous faire peur mais que nous devons nous approprier. Nouvelle formule difficile d’accès pour tous mais qui peut trouver sa place au sein des différentes formules existantes.

Le développement des stages en entreprises est un moyen efficace pour agir sur les parents qui sont aussi des salariés. De plus en plus d’entreprises sont sensibles au risque routier auquel est exposé leurs salariés. L’initiative du gouvernement avec routeplussûre est intéressante et la formation fait partie des engagements que doivent prendre les entreprises qui s’engagent dans l’action.

8 jeunes sur 10 sont satisfaits de la façon dont ils conduisent. Alors si 75% des jeunes reconnaissent être plus influencés par leurs parents j’imagine que leur référence reste la conduite de leurs parents.

Ne devrions nous pas travailler plus efficacement sur l’auto-évaluation ?

Cette étude ne doit-elle pas inciter les pouvoirs publics à mettre en place des formations post permis ? Formations qui permettraient de faire monter prodigieusement et positivement l’influence  de l’école de conduite sur le comportement des jeunes. Pour cela il faudra que nos hommes politiques réussissent à se défaire du discours sur le permis trop cher.

Cette étude, dont les médias n’ont pas fait leurs choux gras, doit nous faire réfléchir aux leviers que nous pouvons mettre en place pour que l’enseignant de la conduite influence plus fortement le futur conducteur.

Notre profession doit s’emparer de cette étude pour contrer l’approche consumériste et remettre notre mission sociétale, qui est de former des conducteurs sûrs, au cœur du débat. Mais n’oublions pas la technologie.

 

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