SAUVEGARDE DE LA PROFESSION : NE PAS SE TROMPER D’ARGUMENT.

le bon argument

UN SEUL BON ARGUMENT VAUT MIEUX QUE PLUSIEURS ARGUMENTS SECONDAIRES.

Suite au rapport DUMAS/GUERINI sur le permis de conduire, la profession sera dans la rue, le 11 février, pour clamer sa colère et sa crainte de disparaître.

Cette manifestation qui s’annonce massive arrive, à mon avis, un peu tard, il fallait bouger dès le mois de décembre pour avoir une chance, infime sans doute mais peut-être réelle, d’influer sur la rédaction du rapport. Je vais pas revenir sur le passé mais il ne faut tout de même pas l’oublier.

Emportés par leurs angoisses, leurs colères et leur désarroi les professionnels développent des arguments pour défendre leur profession. Ainsi on voit fleurir sur les réseaux sociaux de belles affiches destinées à faire passer un ou des messages pour justifier notre existence.

Tous ces arguments ainsi exposés sont intéressants et souvent justes, mais cela est-il suffisant ? Je ne le crois pas.

Expliquer que sans les écoles de conduite il y aura plus de morts me semble être un argument secondaire et inaudible, à la fois du gouvernement, des médias mais aussi du grand public. Cet argument nous fait plaisir, il flatte notre ego, mais est-il audible ? Pour qu’il le soit il faudrait le prouver. Le prouver par des chiffres, par des exemples de pays étrangers et force est de constater que dans d’autres pays la formation est réduite à peau de chagrin sans qu’il y ait plus mortalité chez les jeunes conducteurs. Nous avons bien l’exemple du Canada, exemple que l’UNIC a développé, mais il n’y en a pas d’autre.

L’argument sur la pédagogie même s’il est légitime et bien plus justifiable que le précédent ne sensibilisera pas nos détracteurs. Il sera facilement contré par le fait que même sans nous se sont toujours des moniteurs diplômés qui enseignent.

Là encore nous nous faisons plaisir, nous justifions à nous même notre utilité, mais cela ne va guère plus loin.

La bataille contre la concurrence déloyale est juste, mais aujourd’hui elle est secondaire. Je lis sur les réseaux sociaux des textes laissant à penser que les syndicats ont laissé faire, qu’ils seraient, au moins en partie, responsables du développement de cette concurrence déloyale. Il est toujours facile de dénigrer de chercher des responsables à nos malheurs, mais je vois bien que ceux qui tentent, avec courage, de faire ce qu’en fait les syndicats ont déjà fait, n’obtiennent pas plus de résultats. L’installation de cette concurrence est la conséquence d’un problème de pouvoir d’achat général et du fait que l’Etat n’a pas, ou plus, les moyens de lutter contre ces pratiques, sans compter que la volonté politique n’est sans doute pas présente.

 Nous battre sur le point qui nous fait mal ! Là est notre salut !

Acceptons enfin de dire que le permis est trop cher. Ce discours nous braque et nous heurte car il laisse à penser que nous gagnons beaucoup d’argent, ce qui est faux nous le savons tous. Mais si le permis est trop cher nous devons démontrer que cela n’est pas de notre fait et qu’il y a d’autres solutions que la destruction d’une profession.

Depuis des années notre profession est toujours attaquée sur ce point. Pourquoi refuser le débat ? Avons-nous à en rougir ? Certainement pas.

En 2015, déjà, l’UNIC avait développé ses arguments essentiellement sur ce point, nous étions seuls dans un environnent où d’autres ne voulaient parler que de sécurité routière et pédagogie. je n’oublie pas la mise en garde d’un haut fonctionnaire lors des discussion de 2015, je cite : « si vous pensez sauver votre profession en parlant de sécurité routière vous vous trompez car là haut ils s’en fichent. ».

Cette fois nous ne devons pas nous tromper d’argument et le seul argument audible et percutant c’est : le prix !

Contrairement à ce que beaucoup penses peut-être nous avons sur ce sujet de nombreux arguments à faire valoir. A nous de les développer, de les mettre en forme et de les vendre à nos détracteurs.

Allons-y avec courage et ambition, développons nos arguments et ils sont nombreux :

  • 70% de taxes et impôt sur le prix du permis.
  • Le prix d’appel des plateformes est-il le prix final ? Démontrons, par des chiffres, qu’au final c’est nous les moins chers !
  • Destruction du salariat et perte des emplois de nos secrétaires si le local n’est pas protégé par un agrément territorial.
  • Nos forfaits code sont ils si chers ? ce n’est pas si sûr, développons et démontrons qu’à service égal nous sommes au même tarif voir moins chers.
  • Etc

Voilà sur quoi je pense que nous devons nous battre.
L’UNIC  développera en priorité les arguments économiques, avec pour ambition de démontrer que nos adversaires font du marketing mais que derrière la vérité est tout autre.

N’oublions pas le grand débat et la contribution d’UFC QUE CHOISIR, là encore c’est le prix qui est mis en avant. Si le constat d’un prix trop élevé est réel, la solution proposée n’est pas la bonne.

Que nos politiciens fassent leur autocritique, depuis tant d’année ils ne savent qu’empiler les taxes, les impôts et les charges qui pèsent sur les entreprises, tout cela ne fait qu’augmenter les coûts et au final c’est le consommateur qui paie.  ce sont bien nos politiciens qui mettent en oeuvre les décisions de Bruxelles qui demande la déréglementation des professions réglementées.

Le prix est trop cher ? Mais quand un gouvernement impose une mutuelle d’entreprise pour tous les salariés, il fait du social mais il augmente les charges. Quand dans le label des écoles de conduite on impose une garantie financière inutile (j’en parle sans problème car l’UNIC s’y est opposée seule contre tous mais avec force) on augmente les charges et donc le prix.

On pourrait développer longtemps encore.

L’UNIC va préparer on dossier sur ce point et toutes les contributions seront les bienvenues.

 

 

 

7 comments on “SAUVEGARDE DE LA PROFESSION : NE PAS SE TROMPER D’ARGUMENT.

  1. Bonjour,
    Il y avait un moyen de contrer les plates formes et autres, c’était de participer plus massivement à la mise en place de la conduite supervisée et accompagnée. Cela n as pas été le cas……. Maintenant , il ne faut pas se plaindre.

  2. Bonjour, Le point qui me parait essentiel c’est le système d’attribution des places d’examens, si nous devons passer par des demandes individuelles systématiquement c’est en contradiction avec l’objectif de rapidité qui était fixé par Emmanuel Barbe. Nous devons garder l’avantage de la rapidité.

  3. Il faut absolument faire baisser les taxes et avant tout la TVA qui pèse très lourde dans le prix du Permis. Nous sommes nombreux à être d’accord sur le fait que nous pouvons nous en sortir en réduisant nos tarifs mais pas nos marges car elles sont déjà trop faibles. Aujourd’hui, afin que nous proposions un permis moins cher, il faut que le gouvernement nous aide à le mettre en place.
    Il faut prouver à l’opinion également que nos 20h de conduite ne sont pas plus cher que les auto écoles Low coast, ce qui fait augmenter la note c’est les prestations qu’il y a autour des heures de conduite (frais de dossier, fournitures, code) tout ce que ne propose pas Ornikar et compagnie… Au final nous ne sommes pas plus cher qu’eux et c’est là dessus qu’il faut se battre à mon sens. Bon courage pour Lundi je serais à vos côtés et on y croit !

  4. Bonjour, bien sûr que c’est le prix qui fait tout…. Ce n’est pas les écoles de conduite qui font changer les mentalités et qui font baisser le nombre de morts…
    A nous de dire que c’est cher à cause des taxes et des charges. Communiquons en disant que l’on va licencier a tour de bras… 10 000 moniteurs sur le carreau d’un coup cela peut faire mal….
    Enfin moi c’est ce que je vais faire enfin que 2……

  5. Cet après-midi, face aux étudiants en Saône-et-Loire, le Président a évoqué une nouvelle fois le permis de conduire et son prix dispendieux.
    Les arguments à mon sens seront vains, notre sort est scellé, nous pesons peu, en matière d’emploi, et il faudrait un miracle, pour peser de tout notre poids.
    Quand on pense que les candidats s’inscrivent à 3 ou 4 séances d’examens de code à raison de 30 euros à chaque fois. Cela ne leur fait ni chaud ni froid, car l’essentiel est d’obtenir le code à tout prix,!!!!!!!!
    Bon courage à tous.

  6. En effet, nous sommes très chers !… Ramené sur une vie d’automobiliste, ce n’est pourtant pas un investissement déraisonné (2000€ en moyenne sur 60ans de possession du titre, c’est peu à l’année) en comparaison au coût annuel d’un véhicule (…). Il faut nous battre pour une réduction des charges : TVA, remboursement de TICPE, annulation de la redevance TV … L’agrément devient national (pour certains), pas de problème, mais qu’on arrête alors avec le renouvellement tous les 5 ans pour ceux qui ont un local ! … c’est sur ces points là qu’il faut obtenir des réponses du gouvernement … Pour le reste, il faut reprendre possession des salles de codes, offrir de vraies formations théoriques (et pratiques) en dispensant des formations de qualité (oublier le poste télé et les auto corrections !). Enfin, certains ont joué avec le feu et se sont brûlés … Maintenant ils crient que ça brule !!! (les auto écoles qui ont envoyé leurs candidats en libres afin de « gonfler » leur population de référence, ceux qui ont fait appel à des auto-entrepreneurs (« parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement), ceux qui ont vidé leurs salles de code en laissant défiler des corrections) !…On ne récolte que ce que l’on sème … ça peut avoir un goût amer parfois …

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